Un relevé de gestion locative se lit en six lignes : le revenu total payé par le voyageur, la commission de la plateforme, la taxe de séjour, le forfait de préparation du logement, les honoraires de gestion et le revenu net qui vous revient. Trois vérifications de bon sens suffisent ensuite pour contrôler que tout boucle : le net du relevé doit correspondre au virement reçu au centime, chaque séjour du calendrier doit figurer sur un relevé, et le taux d'honoraires appliqué doit être celui de votre mandat.
Ce guide de lecture vaut pour tout propriétaire qui reçoit des relevés, quel que soit son gestionnaire. Chez un professionnel titulaire de la carte G, le relevé n'est pas un geste commercial : c'est la reddition de comptes que la loi du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, impose à tout mandataire qui détient des fonds pour votre compte.
Pourquoi ce document mérite dix minutes de votre temps
Le relevé de gestion est le seul document qui relie trois réalités : ce que le voyageur a payé, ce que les intermédiaires ont prélevé, et ce qui arrive sur votre compte. Si vous ne lisez que le montant du virement, vous ne savez pas ce que vous vérifiez.
C'est aussi la pièce de base de votre déclaration fiscale. Vos recettes de location se déclarent à partir de ces relevés, et votre expert-comptable en aura besoin ligne à ligne si vous êtes au régime réel.
Les six lignes à comprendre
1. Le revenu total. C'est le montant payé par le voyageur pour son séjour : hébergement, frais annexes et taxe de séjour selon les plateformes. Toutes les autres lignes se déduisent de celle-ci. C'est le seul chiffre qui permet d'identifier une réservation sans ambiguïté, car les montants dérivés (part propriétaire, commissions) varient selon les modes de calcul.
2. La commission de la plateforme. Airbnb, Booking.com ou un site de réservation directe prélèvent leur commission sur la réservation. Point de vigilance : cette commission est calculée par la plateforme sur le montant de la réservation, et elle est distincte des honoraires de votre gestionnaire. Un relevé clair les présente sur deux lignes séparées.
3. La taxe de séjour. Elle est payée par le voyageur, collectée, puis reversée à la collectivité. Ce n'est ni un revenu pour vous, ni une charge : c'est un montant qui transite. Un relevé bien construit la présente sur une ligne dédiée, ce qui permet de vérifier que ce qui a été collecté a bien été reversé.
4. Le forfait de préparation du logement. Avant chaque arrivée, le logement est préparé : ménage complet, lits faits, linge en place. Ce forfait est facturé au voyageur distinctement du tarif d'hébergement. Sur certaines plateformes, l'intitulé du champ est imposé (Airbnb affiche « frais de ménage ») ; la réalité du service reste la même : une préparation avant l'arrivée du voyageur.
5. Les honoraires de gestion. C'est la rémunération de votre gestionnaire, calculée selon la clé prévue à votre mandat. Le mandat écrit fait foi : le taux, l'assiette de calcul (sur quel montant le pourcentage s'applique) et ce que les honoraires couvrent doivent y figurer noir sur blanc. À noter pour votre déclaration : les honoraires de gestion ne sont fiscalement déductibles qu'au régime réel ; au micro-BIC, ils sont réputés couverts par l'abattement forfaitaire.
6. Le revenu propriétaire. C'est le net qui vous revient une fois toutes les lignes précédentes déduites. C'est ce montant, et lui seul, qui doit correspondre au virement reçu sur votre compte.
Les trois vérifications de bon sens
Première vérification : le virement. Rapprochez le revenu propriétaire du relevé et le virement reçu sur votre compte bancaire. La correspondance doit se faire au centime. Un écart, même petit, mérite une question : il peut venir d'un ajustement légitime (une régularisation, un avoir), mais il doit alors être expliqué par une ligne du relevé, pas par un usage.
Deuxième vérification : les séjours. Comparez le relevé avec le calendrier de votre bien sur la période. Chaque séjour payé doit apparaître sur un relevé, celui du mois ou celui du mois suivant selon la date d'encaissement. Un séjour visible au calendrier et absent des relevés est la première chose à signaler.
Troisième vérification : le mandat. Prenez le taux d'honoraires inscrit dans votre mandat de gestion et recalculez une ligne au hasard. Le résultat doit correspondre. Vérifiez aussi l'assiette : un pourcentage identique appliqué à des assiettes différentes (avec ou sans frais annexes, avec ou sans taxe de séjour) donne des montants différents. Si le relevé ne permet pas de refaire ce calcul, demandez la formule : un gestionnaire qui détient vos fonds doit pouvoir justifier chaque ligne.
Ce qu'un relevé doit vous permettre de faire sans aide
Un bon relevé se reconnaît à un test simple : pouvez-vous, seul, sans appeler personne, répondre à ces trois questions ? Combien mon bien a-t-il encaissé sur la période ? Combien chaque intermédiaire a-t-il prélevé, et à quel titre ? Combien m'a-t-il été reversé, et quand ?
Si la réponse est non, le problème n'est pas votre niveau en comptabilité. C'est la construction du document.
Conservez tous vos relevés avec vos documents fiscaux : ils justifient vos recettes déclarées et, au régime réel, vos charges déductibles.
Questions fréquentes
Le virement reçu ne correspond pas au relevé, que faire ? Demandez l'explication de l'écart, ligne par ligne. Un écart légitime (régularisation, avoir, retenue annoncée) doit apparaître sur le relevé ou sur un document daté qui l'accompagne. Une retenue sur vos fonds qui ne vous a pas été annoncée par écrit n'est pas une pratique normale.
La commission de la plateforme et les honoraires de gestion, est-ce la même chose ? Non. La commission de la plateforme rémunère Airbnb ou Booking.com pour l'apport de la réservation. Les honoraires de gestion rémunèrent votre gestionnaire selon le mandat signé. Les deux doivent être lisibles séparément.
Les honoraires de gestion sont-ils déductibles de mes impôts ? Uniquement au régime réel, comme les autres charges réelles. Au micro-BIC, l'abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes les charges, honoraires compris. Le choix entre les deux régimes se fait avec votre expert-comptable.
À quelle fréquence dois-je recevoir un relevé ? La fréquence est fixée par votre mandat de gestion. L'important est la régularité et la complétude : chaque séjour encaissé doit finir sur un relevé, et chaque relevé doit être suivi du reversement correspondant.
Qui garantit les fonds entre l'encaissement et le reversement ? Chez une agence titulaire de la carte professionnelle « Gestion immobilière » (carte G), les fonds des locations sont détenus sur un compte séquestre dédié, distinct des comptes de l'agence, et couverts par une garantie financière. Chez EDN Gestion, cette garantie est de 150 000 €, souscrite auprès de la SOCAF. Un prestataire sans carte professionnelle ne peut légalement pas détenir vos fonds.
Sources
Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 (loi Hoguet), qui encadre la gestion immobilière pour le compte de tiers : obligation de mandat écrit, de garantie financière et de reddition de comptes. Guide 2026 du propriétaire à Tignes, EDN Gestion et Serava, édition août 2026, disponible sur demande.
Cet article est une information générale, à jour au 14 septembre 2026. Il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable personnalisé : rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de votre conseil pour votre situation.
